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Digital ?

Edito - 28 mai 2018

Il y a près de quatre siècles, le fameux discours de la méthode et son « Je pense donc je suis » initiait, entre autres choses, l’avènement de l’individualisme et de l’idéalisme et de sa descendance naturelle la philosophie des Lumières et le progressisme.
Il y a une vingtaine d’année le comportement quotidien de nos contemporains changeait profondément pour se muer en un « Je me connecte donc je suis ».
Aujourd’hui particuliers comme entreprises, sous l’influence de la science et de la technologie chère à DESCARTES, sommes entrés dans l’ère du « Je suis digital donc je suis ».
En ce sens le monde technique digitalisé qui s’annonce semble contenir tous les atouts de la séduction moderne :
Il annonce toutes sortes de progrès, il flatte l’individualisme, il bouscule tous les repères de « l’ancien monde » synonyme de contraintes et annonce un monde idéal où tout est permis comme l’espéraient tous les courants philosophiques issus des « lumières ».
Que pouvons-nous penser de cette évolution et de cette quête de sens qui se résument de plus en plus, années après années, à l’usage de la technologie en guise de repère existentiel ?
Avoir des repères est essentiel pour gérer notre vie quotidienne mais aussi et en particulier pour comprendre notre monde, son environnement et, pour ce qui touche aux décisions patrimoniales, faire de ces repères un guide du bon sens.
L’accélération frénétique de notre environnement initiée par la technologie, certes positive à bien des égards, et la digitalisation en fait partie, parvient à annihiler toute tentative de réflexion.
Ainsi, nos décisions et nos actes se succèdent mécaniquement sans que nous ne prenions la peine, un instant, de suspendre notre « marche en avant » pour poser et structurer une analyse critique.
Nous sommes comme des errants sur un quai de gare tourmentés par l’angoisse de rater un train lancé à pleine vitesse, mais dont la destination supposée positive nous est inconnue !
Avec la RGPD, l’espoir renait de reprendre quelque peu le pouvoir sur nos données personnelles que nous avions abandonnées gratuitement pour bénéficier de services également gratuits.. !
Mais la vraie question n’est-elle pas, au final, de reprendre le contrôle sur notre pensée, donc de notre être en ayant cette fois-ci l’humilité de croire que l’homme par sa seule pensée ne peut exister ou se créer lui-même ?
Sans quoi au rythme actuel, les machines prétendument dotées « d’intelligence artificielle » croiront, dans un jour pas si lointain, qu’elles sont, elles, bien réelles.

 

Jacques Riché

le 28 mai 2018

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